Centrafrique : Des agents de la police du 5ème arrondissement mis en cause dans une affaire de viol sexuel

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BANGUI, 20 avril 2018 (RJDH)—Quatre agents de la police en poste au commissariat du 5ème arrondissements sont accusés d’avoir violé trois jeunes filles. L’acte se serait produit dans la nuit du dimanche au lundi dernier.

L’âge des trois filles varie entre 15 et 18 ans. Toutes affirment avoir été violées entre 20 h et 21 h alors qu’elles rentraient de PK16 où habite leur maman, « nous étions au pk 16 et c’est à notre retour que les policiers nous ont interceptés devant le commissariat du 5ème. Ils nous ont obligés à coucher avec eux », a expliqué celle de 18 ans. La survivante de 15 ans, dit avoir été violée par deux policiers, « j’ai eu les rapports avec deux d’entre eux. Ce qui m’inquiète, c’est qu’ils n’avaient pas mis les préservatifs et s’ils sont infectés, je suis foutue », confie-t-elle en sanglot.

La fille de 18 ans, mère d’enfant reconnait qu’un des policiers en poste ce jour a refusé de poser l’acte, « ils étaient cinq mais ce sont quatre qui ont couché avec nous. Il y a un seul qui a refusé », fait-elle savoir. Les filles font d’ores et déjà l’objet d’une stigmatisation au point que celle de 18 ans ait été rejetée par son mari, « quand nous avons expliqué l’affaire, les parents de mon mari m’ont retiré l’enfant et je suis abandonnée », explique-t-elle au RJDH larmes aux yeux.

André Koradoma, commissaire du 5ème arrondissement  que le RJDH a rencontré, dit avoir été saisi de l’affaire, « je suis sur le dossier et j’ai reçu les filles qui ont affirmé avoir été violées par mes éléments », reconnait cet officier qui semble douter de la véracité de l’accusation, « mais ce qui cloche, c’est que les éléments nient les faits. Ils ont dit devant les filles et dans mon bureau qu’ils n’ont rien fait. Ils disent avoir intercepté les filles à qui ils n’ont fait que prodiguer des conseils. Moi, j’ai rendu compte », a relaté le commissaire.

Selon des informations RJDH, les trois filles sont depuis jeudi prises en charge par une organisation humanitaire qui travaille sur les cas de violences sexuelles, « nous avons été reçues et prises en charge. On nous a donné des médicaments et nous avons subi quelques examens », confie une des trois filles.

L’Unité Mixte de d’Intervention et de Répression des Violences faites aux Filles, d’après des sources bien introduites, se serait saisie du dossier. Le Centre pour la Protection et la Défense des Enfants, (CPDE) s’est engagé à porter plainte contre ces agents de la police, « nous avons été informés de ces viols et nous sommes engagés à saisir le parquet pour que justice soit faite. Il ne faut pas passer un coup de chiffon sur des actes aussi abominables », promet Rémy Djamouss, président de CPDE.

Les trois agents mis en cause dans cette affaire seraient tous des auxiliaires de police. Ces derniers continuent de travailler malgré ces graves accusations.

Entre 2013 et 2017, l’ONG Human Rights Watch (HRW) a documenté 305 cas de viols et d’esclavage sexuel dont ont été victimes au moins 296 femmes et filles en Centrafrique. Rappelons que le viol est considéré par le code pénal centrafricain comme un crime. Les auteurs encourent une peine de 10 ans de prison derme.

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