Centrafrique : Dérive criminelle de l’économie du Bambou au nord du pays

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BANGUI, 18 Janvier 2018 (RJDH)–Profitant de la crise politico-militaire en Centrafricaine pour les braconniers et les groupes armés se livrent au braconnage du Bambou. La taxation de cette espèce de Graminea est une aubaine pour les bandes armées qui  se livrent à la déforestation.

Matière première dans la construction des maisons et aussi alimentaire, l’intérêt  du Bambou dans l’industrie de ses fibres font de lui un matériau de choix dans l’industrie (vélos tout terrain, des raquettes de Ping Pong, habillement,…) et a montré ses qualités dans la lutte contre les gaz à effet de serre.

Abondant en République Centrafricaine, le Bambou est braconné à Birao et tout le long de la frontière centrafricano-tchado-soudanaise. Son trafic illégal rapporte aux mouvements armés qui écument la région. Selon l’IPIS, un institut de recherche belge, leur « taxation rapporterait 2 millions d’euros (1.300.000.000 FCFA) par an au Front Populaire pour la Renaissance de la Centrafrique (FPRC)», une faction de la Séléka.

Ce chiffre est révélateur de l’enjeu des richesses naturelles de la RCA dans cette guerre qui dure depuis 5 ans.

D’une pierre deux coups, l’on assiste impuissamment à la destruction de l’écosystème et de l’économie surtout de Birao. « Du coupeur de Bambou aux fabricants de chaises, de fauteuils, …. Toute la chaine tire les bienfaits de cette graminacée. La coupe de Bambou et sa vente sont une activité lucrative », avait indiqué en novembre 2016 au RJDH Oumar Fotor qui a rappelé que « nous les vendons par bottes, on gagne jusqu’à 50.000 frs ».

Ces derniers mois, le ministère de l’entreprenariat avait envoyé en Chine plusieurs personnes pour apprendre la transformation des Bambou. Cette espèce qui est décimée par l’action anthropique ne mérite-t-elle pas une attention et une protection ?

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