Centrafrique : Cyriaque Gonda ne voit rien de claire dans la destitution de Meckassoua

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BANGUI, le 24 octobre 2018 (RJDH)—Cyriaque Gonda, l’Ancien Ministre d’Etat et Président du Parti National pour un Centrafrique Nouveau (PNCN), souhaite que tout se fasse dans la transparence et appelle les députés de la nation à faire preuve de maturité dans cette procédure lancée pour destituer le président de l’Assemblée Nationale Abdoul Karim Méckassoua. Il l’a dit lors d’un  point de presse samedi à son Cabinet au  Stade 20 000 Places à Bangui.  

Rappelant le contexte de ce qui aujourd’hui prévaut à l’hémicycle de l’Assemblée nationale communément appelé « crise institutionnelle », le Président du PNCN a fait comprendre que c’est depuis quelques mois que ce tumulte a débuté.  Son parti le PNCN ayant pris la mesure de la situation du pays qui traverse depuis plus d’une décennie de crises récurrentes, entend donner un point de vue pour appeler les députés à la sérénité.

« La destitution de Meckassoua si cela doit avoir lieu, cela doit se faire dans un cadre où, il y a la transparence, où il y aura l’adhésion de tout le monde, où le peuple verra clair et où, on ne mettra pas en péril l’unité et la stabilité encore fragile. Et à ce que je vois, il n’y a rien de clair», dit-il.

Selon lui, dans les deux camps, il y a de la matière à se battre. Les arguments soutenus par le Président Meckassoua sont des arguments juridiquement fondés. Puisqu’il y a des critères constitutionnellement établis, repris par la loi organique et validé par les structures autorisées, comme la Cour Constitutionnelle, la Cour des Comptes, etc. « Donc, juridiquement, il y a de la matière à se battre », a-t-il fait observer.

De l’autre côté, ceux qui demandent sa destitution ont aussi de la matière. «  La Constitution qui consacre la destitution du Président de l’Assemblée Nationale, l’article 12 de la Loi organique qui reprend cela, et qui leur dit sauf que comment allier ces deux points de vue qui sont juridiquement justifiables. Ce que les juristes appellent la difficile tâche de l’établissement des équilibres des intérêts contradictoires » a-t-il précisé.

Suite à son déplacement en Afrique de l’Ouest et dans les pays de Grand Lac, Cyriaque Gonda dit avoir pris contact avec des compatriotes, militants de son parti et aussi par ses collègues, autorités de certains pays, l’inquiétude est claire. « Personne, de tous les acteurs de l’Assemblée Nationale que nous avons approchée, du Président en passant par son bureau, en par les Présidents et ses commissions en passant par les structures de gestion et aux Députés, personne ne nous a dit, comment sera le lendemain. C’est pourquoi de notre point de vue, nous en appelons à la sérénité des députés, à la sérénité du Président de l’Assemblée Nationale, à la sérénité des membres du bureau et à la sérénité de chaque Député. Nous demandons à ce que la concertation soit privilégiée, que l’observation strict des règles qui nous gouvernent soit la règle d’or », précise-t-il.

Il y a quelques mois des échauffourées à l’Assemblée nationale, des coups de poing, des violences verbales, des casses, des batailles pour de positionnement, des violences verbales pour de l’argent, pour des indemnités, pour des acquis, pendant que le peuple aujourd’hui vit la pire période de ses histoires. Pour Cyriaque Gonda, sur les 16 préfectures, l’Etat ne contrôle pas plus que deux véritablement. « C’est pourquoi notre appel à l’endroit de cette noble institution c’est de pouvoir se concentrer sur l’essentiel .La 1ère chose importante c’est l’organisation d’un dialogue inter-centrafricain qui met fin à la crise, qui met fin aux tueries », précise-t-il.

Parlant de la déclaration de certains Députés, Cyriaque Gonda affirme que l’avenir de la RCA est hypothéqué si déjà par ignorance un des Députés compare la situation actuelle qui prévaut avec celle du Sénégal et du Niger.  Le Sénégal est un pays émergent qui depuis son accession à l’indépendance n’a jamais connu un coup d’Etat par la voix de rébellion et qui n’a jamais connu un problème sur fond de conflit interconfessionnel.

Quant au Niger, il y a du sang coulé à flot et la mort du Président Barré Maïna Sara s’en est suivi. « Est-ce que c’est cet exemple qu’il faut donner à notre peuple ? Ou bien est-ce que dans ce lieu-là, l’ignorance doit prévaloir jusqu’à gérer la vie des citoyens centrafricains ? », s’interroge-t-il.

Le peuple est suspendu au plénière de ce vendredi 26 octobre pour voir claire dans cette affaire, notamment la destitution ou non du président de l’Assemblée Nationale pour non-respect des textes ; le fait d’empêcher le bureau de l’Assemblée à mieux faire son travail, pour non-respect de la procédure de la passation des marchés publics voire même pour un présumé détournement de fonds, comme souligne la pétition signée par au moins 95 députés sur les 140.

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L'auteur

Cyrille Wegue est Journaliste-reporter au Réseau des Journaliste pour les Droits de l’Homme depuis 21 septembre 2018. Il est ressortissant du Département des Sciences de l’Information et de la Communication (3ème Promotion) à l’Université de Bangui où il a décroché sa Licence Professionnelle en Journalisme. Il était Journaliste Reporter au quotidien Le Démocrate de Juillet 2014-Sptembre 2018. Il est également maquettiste de plusieurs bulletins d’informations.

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