Centrafrique : La coordination humanitaire révise son plan de réponse 2017-2019

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BANGUI, 18 aout 2017 (RJDH)–Lancé en janvier 2017, le Plan de réponse humanitaire 2017-2019 a été modifié pour le réadapter en fonction du contexte marqué par l’augmentation des besoins humanitaires qui résulte de la détérioration de la situation sécuritaire dans plusieurs villes du pays. Ledit plan révisé est en vigueur et lancé ce 17 Aout à Bangui.

Cette révision est justifiée par le regain de violences dans plusieurs localités à l’intérieur du pays. Ces violences ont augmenté le nombre global des déplacés de 49%  et 6% celui des réfugiés dans les pays limitrophes, alors que le dernier site des déplacés de la capitale vient d’être fermé suite à l’opération Noël à la Maison lancée par le gouvernement et l’UNHCR.

Ce plan prend en compte les réponses liées à l’abri, eaux, hygiène et assainissement, éducation, logistique, moyens de subsistance, stabilisation communautaire,  la  nutrition, protection y compris les violences basées sur genre aussi bien que la protection de l’enfance. A cela s’ajoute la santé, la sécurité alimentaire et la coordination. Un plan de réponse pour les réfugiés y est inclus, peut-on lire dans ce plan de réponse.

Le plan de réponse humanitaire initial ne répond plus aux besoins actuels. Il prévoyait de répondre aux besoins critiques et urgences de 2,2 millions de personnes avec une enveloppe de 399,5 millions de dollars.  Le plan révisé demandera 497 millions de dollars soit une augmentation de 100 millions de dollars.

A l’occasion du lancement du Plan de réponse révisé, le Coordonnateur humanitaire en Centrafrique, Najat Rochdi, a expliqué « qu’entre janvier et juillet 2017, la recrudescence de la violence et l’irruption de nouveaux foyers de tension ont porté le nombre de déplacés internes de 402 240 à 600 000, autant qu’au pic de la crise politique en janvier 2013. Dans cet intervalle, la population ayant besoin d’une assistance humanitaire a atteint 2,4 millions de personnes » a-t-elle expliqué.

La ministre des Affaires sociales et de la Réconciliation nationale, Virginie Baïkoua, a souligné les efforts du gouvernement pour le retour à l’ordre « le Gouvernement à multiplier des efforts afin de pacifier le pays pour assurer le retour des populations dans leur milieux d’origine, étape primordiale pour la reconstruction du pays », a-t-elle lancé afin de soutenir que le gouvernement fera tout pour  garantir un environnement propice en vue de faciliter des interventions en faveur de la population vulnérable.

Elle a en outre plaidé pour un soutien bilatéral et multilatéral en faveur de la Centrafrique, « pays fragile, en lui apportant toute aide nécessaire pour une réponse humanitaire appropriée aux nouveaux besoins de la population affectée », a-t-elle insisté.

Cependant, les grands défis de ce plan reste le manque de financement, la restriction de l’espace humanitaire ainsi que l’attaque des acteurs humanitaires et la priorisation et accès aux vulnérables. Sur 2,2 millions des personnes vulnérables et qui nécessitent l’assistance 1,8 millions sont ciblées par ce plan de réponse humanitaire, même si déjà le plan de réponse est  financé à hauteur de 24% soit 119 millions de dollars.

En Centrafrique, 11 humanitaires sont tués depuis janvier 2017 et 215 incidents affectant les humanitaires ont été enregistrés.

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L'auteur

Fridolin Ngoulou est journaliste de formation. Il est ressortissant du département des sciences de l'information et de la communication de l'Université de Bangui, où il a obtenu sa licence, première promotion en 2012. Au RJDH, il est Journaliste Reporter, Webmaster et spécialiste des médias sociaux depuis avril 2014. Il est membre de plusieurs organisations professionnelles des médias.

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