Centrafrique : Le conseiller spécial du Secrétaire Général pour la prévention du génocide inquiet de la situation du pays

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BANGUI, 11 octobre 2017(RJDH)–Le conseiller spécial du Secrétaire Général pour la prévention du génocide, Adama Dieng en fin de mission à Bangui, s’est inquiété de la situation du pays. Il l’a fait savoir lors d’une conférence de presse qu’il a animée ce jour à Bangui.  

Le conseiller spécial a fait état de la flambée de violences et de l’augmentation des violations des droits humains, « il y a eu recrudescence de violences graves des droits de l’Homme et d’atteintes au droit international humanitaire y compris des violences sexuelles sur fond d’affrontements des groupes armés et d’instrumentalisation de la religion, des sensibilités ethniques ou des origines des communautés, observés du sud-est au nord-ouest du pays » explique-t-il.

Adama Dieng dit avoir fait des constats amers lors de ses déplacements, « de Bria où je me suis rendu, j’ai pu constater avec regret et consternation la destruction systématique des habitations de la population civile dont une bonne partie fut contrainte au déplacement. Des rapports similaires me sont parvenus de Bangassou, Mobaye, Alindao, Bocaranga, Niem, Gambo faisant état de violations graves à l’encontre des populations civiles », a- t- déploré.

Le conseiller spécial du Secrétaire Général pour la prévention du génocide estime qu’il y a manipulation de la situation en Centrafrique « je  condamne avec la plus grande fermeté l’instrumentalisation et l’incitation à la haine et confessionnelle menée par les groupes armés et milices ainsi que les hommes politiques complices  pour assoir leur contrôle territorial et mobiliser des combattants. Je formule ces mêmes condamnations pour les attaques perpétrées contre la Minusca et le personnel humanitaire et tout individu responsable d’atrocités criminelles ».

Il encourage par ailleurs les efforts de monitoring, «  j’encourage tous les efforts de monitoring et de documentation des messages de haine et d’incitation à la violence pour identifier les auteurs ainsi que les instigateurs afin que leurs actes ne restent impunis ».

Le conseiller spécial appelle le gouvernement centrafricain et toutes les parties concernées à s’engager résolument sur la voie du dialogue conformément à la feuille de route consolidée de l’initiative africaine pour la paix et la réconciliation en Centrafrique, « mais sans sacrifier l’impératif de renforcement de l’Etat de droit, de restauration de la bonne gouvernance et de lutte contre l’impunité », a souhaité le conseiller.

Le rapport du conseiller spécial Adama Dieng fait suite à sa mission en Centrafrique du 06 au 11 octobre. Cette mission précède celle du Secrétaire Général de l’ONU Antonio Guterès, prévue pour le 24 octobre prochain.

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