Centrafrique : La connivence FPCCD-Séléka inquiète Kinshasa et Bangui

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BANGUI, 15 juin 2017 (RJDH)–Il y a trois semaines, le Ministre des Affaires Etrangères de la RD Congo, Léonard She Okitundu était en Centrafrique. Après sa visite, trois membres du mouvement politico-militaire congolais, le Front du Peuple Congolais pour le Changement et la Démocratie (FPCCD), accusés de tentative de déstabiliser la RCA et aussi la RDC ont été arrêtés à Bangui. Leur chef, le Colonel John Tshibangu a bénéficié de passeport centrafricain délivré du temps de la Séléka.

Depuis le déclenchement de la rébellion Séléka et la suite des événements en Centrafrique, le pays est devenu le terreau par excellence où se rassemblent, groupes armés, mercenaires et contrebandiers du monde. C’est le cas d’une entente qui existerait entre le leader du FPCCD, l’ancien colonel John Tshibangu dont ses hommes ont été arrêtés il y a quelques jours à Bangui.

Inquiet de la présence des combattants du FPCCD à Bangui, Kinshasa a dépêché son Ministre des Affaires Etrangères de la RD Congo, Léonard She Okitundu à Bangui. Ensuite, les Forces de Sécurité Intérieure de la RCA ont arrêté vendredi dernier les sieurs Freddy Libeba et Alexandre Mitshiabu, notamment chargé des opérations et directeur du renseignement du FCCPD. Puis un troisième membre lundi dernier. Sur le troisième homme, le Ministre de la sécurité publique de la RCA, Jean Serge Bokassa a indiqué qu’« il s’est présenté comme leur comzone à Bambari, ce qui démontre une organisation présente dans des endroits sensibles ». Ces faits confirment la connivence entre des mouvements centrafricains, en l’occurrence l’ex-Séléka et des groupes étrangers venus la RDC.

Bangui a révélé que Freddy Libeba procédait au recrutement des congolais en RCA et a signé une entente avec l’ex-Séléka en vue de mener des opérations en Centrafrique et en RDC.

Mais le leader du FCCPD, le Colonel dissident, John Tshibangu a nié tout rapprochement de son mouvement avec l’ex-Séléka et qu’il n’a aucun lien avec son N°2 Noureddine Adam. Pourtant, cet ancien officier congolais est titulaire d’un passeport centrafricain « au nom de Samuel Nguerefara » émis à Bangui le 21 août 2013 et « signé en personne par le ministre de la Sécurité et de l’Immigration de l’époque, un certain Noureddine Adam, la veille de son départ du gouvernement ». Petit à petit les voiles se lèvent sur les événements qui ensanglantent l’Est centrafricain et les méthodes pour plonger la RCA dans une crise confessionnelle.

Crise à dimension sous régionale

Loin l’idée de la théorie du complot, il faut admettre que les facteurs de la crise centrafricaine sont endogènes et exogènes. Avant, la possible entente entre l’ex-Séléka et la rébellion congolaise du FCCPD, le général soudanais Moussa Assimeh faisait la pluie et le beau temps à Bangui du temps de la Séléka. C’était sur négociation de Khartoum que le janjawid était rentré dans son village proche de Birao.

Un autre est aussi le chef de l’Union pour la Paix en Centrafrique (UPC), Ali Daras qui s’impose sur les terres centrafricaines à l’Est et jouit d’une liberté malgré ses nombreux crimes. C’est un ancien lieutenant du rebelle tchadien, Baba Ladé qui rackettait en Centrafrique. Il est en lutte avec le FPRC dont ses membres sont proches du Tchad.

Dans ce lot, des combattants tchadiens sont aussi enregistrés et se considèrent en terrain conquis soit du côté de l’UPC (Peulh) soit avec le FPRC. Tout comme le 3R, un autre groupe armé aux confins centrafricano-tchado-camerounais commandé par Sidiki. Aussi, tout comme la LRA établie à l’Est et au Nord de la RCA.

Si aujourd’hui, certains de ces mouvements armés n’inquiètent pas les pays d’origine de leurs chefs, néanmoins, ils constituent une bombe à retardement.

Le RD Congo, qui ne dispose plus de contingent en Centrafrique ne peut que s’inquiéter de la présence de dissidents politico-militaires à son régime en RCA.

Cette épisode rappelle aux centrafricains l’axe Jean Pierre qui croupis à la Cour Pénale Internationale.

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