Centrafrique : Clarisse Manahou sensibilise les femmes victimes à déposer plaintes à la CPS

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BANGUI, 02 Juin 2017 (RJDH)…Clarisse Manehou, coordonnatrice des femmes de la plateforme religieuse a appelé toutes les femmes victimes de conflit en Centrafrique à ne pas manquer le rendez-vous de la Cour Pénale Spéciale. Elle compatie aux victimes des violences au sud et au nord-est du pays. Position exprimée lors d’une interview accordée au RJDH ce 1er juin à Bangui.

RJDH : madame Clarisse Manéhou, bonjour !

Clarisse Manéhou : bonjour madame la journaliste.

RJDH : Vous êtes coordonnatrice de la plateforme des confessions religieuses de Centrafrique. Dites-nous quel est votre point de vue par rapport à cette recrudescence de violence de ces derniers temps dans le pays ?

CM : Par rapport à la recrudescence des violences que nous sommes en train de vivre au niveau de la RCA, cela nous amène de la compassion et fait beaucoup réfléchir car nous ne savons plus ce que nous pouvons faire. Pendant le moment des violences passées, nous avions travaillé avec les belligérants, et mené des sensibilisations auprès des groupes des jeunes et des femmes pour que les exactions puissent prendre fin. Mais ce qui se passe actuellement dans certaines villes de notre pays nous a surpris. C’est inacceptable, nous serons donc obligés de reprendre nos bâtons de pèlerin pour parler à nos compatriotes, pour dénoncer et dire haut ce qui passe réellement.

RJDH : Les femmes des villes sud de la RCA, notamment celles de Bangassou, Alindao, Bria et bien d’autres sont victimes de ces récents cas de violences. Comment réagissent les femmes des zones non affectées ?

CM : Vous savez dans toutes les violences enregistrées dans ce pays, ce sont les femmes qui sont beaucoup plus victimes parce qu’elles n’ont pas d’armes, elles n’ont pas de quoi se défendre. Nous femmes de la capitale compatissons à nos sœurs là. Vous avez été témoins lorsqu’on a  fait passer la fête des mères ici à Bangui pour soutenir les femmes qui souffrent en ce moment dans les arrières pays. Cela nous n’avait pas arrangé que nous fêtons ici à Bangui tandis que nos paires souffrent. Aussi nous cherchons tous les jours à avoir de leurs nouvelles et en tant que croyantes nous ne cessons de prier pour que la paix revienne dans ces villes.

RJDH : Les femmes de Bangassou ont demandé de l’aide. Vous en tant que coordonnatrice des groupes féminins, qu’avez-vous pensé à envisager des actions ?

CM : ce sont nos sœurs, elles ont demandé parce qu’elles sont dans le besoin. Mais habituellement, lorsqu’il y a des pareilles circonstances, nous nous mobilisons pour secourir nos compatriotes. Concernant nos sœurs de Bangassou, Alindao, Bria, Koui et autres, nous ne les oublions pas. Nous comptons faire une mobilisation en tant que femmes, en leur faveur car il n’y’a que la femme qui peut vraiment connaitre les besoins de femme.

RJDH : La cour pénale spéciale pour la Centrafrique est en train d’être mise en place. Alors quelles sont vos attentes par rapport aux femmes victimes des récentes crises ?

CM : c’est vrai que la CPS est en train d’être mise en place. Nous demandons donc à cette Cour de travailler selon la loi, selon les conventions. Ce qui est là,  c’est que les femmes leaders des associations, les organisations féminines pour que nos sœurs victimes qui sont ignorantes puissent aller en justice pour dénoncer leurs bourreaux. Comme ce sont les femmes qui ont été beaucoup plus des victimes, nous espérons que les femmes seront à majorité plaignantes et satisfaites du travail de la CPS.

RJDH : madame clarisse Manéhou, je vous remercie !

CM : c’est moi qui vous remercie !

Propos recueillis par Nina Verdiane Niabodé

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