Centrafrique : CIAF/Centrafrique lutte contre les pratiques traditionnelles néfastes.

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BANGUI, 14 février 2017(RJDH) — La présidente du Comité Inter-Africain pour le Centrafrique, Marguerite Ramadan a décrié l’excision et les mariages précoces. Cette prise de position a été exprimée dans une interview qu’elle a accordée au RJDH, le vendredi 10 février à l’occasion d’une sensibilisation faite aux communicateurs. Elle a invité ces derniers à adhérer à sa lutte contre ces formes de violences pour réduire le taux.

RJDH : Marguerite Ramadan bonjour !

Marguerite Ramadan bonjour !

RJDH : En votre qualité de présidente fondatrice du Comité Inter-Africain sur les Pratiques Traditionnelles, vous avez organisé une journée de sensibilisation à l’intention des communicateurs. Quel objectif recherchez-vous ?

MR : On a voulu sensibiliser les communicateurs sur deux pratiques de violences faites aux femmes qui sont d’abord l’excision et les mariages précoces. Notre ONG existe depuis treize ans et c’est depuis que nous menons ce combat, et pour cette fois, nous avons voulu prendre comme cible les communicateurs pour qu’ils puissent adhérer à la lutte afin que le taux de ces deux pratiques puisse être réduit, parce qu’au niveau national, le taux de l’excision est de plus de 24%. Comme ce sont des pratiques qui ont des effets préjudiciables sur la santé des victimes, nous avons voulu les associer à la lutte.

RJDH : Il y’a plusieurs types de Violences Basées sur le Genre. Mais pourquoi votre comité a choisi de s’intéresser seulement aux pratiques traditionnelles, notamment l’excision et les mariages précoces ?

MR : Effectivement, nous voulons juste nous consacrer sur ces deux pratiques aujourd’hui. Mais dans nos communications, nous sensibilisons sur toutes les formes de violences.

RJDH : Madame la présidente, quelles sont les actions que votre comité compte mener par rapport à votre conception de lutte contre ces deux pratiques ?

MR : Vous savez, ces pratiques sont considérées comme des normes sociales et c’est ancré dans la tradition. Donc, nous voulons leur montrer le côté néfaste de la pratique afin qu’ils puissent comprendre que c’est de néfaste et sensibiliser pour que ceux qui continuent à le faire puissent cesser.

RJDH : Avez-vous déjà enregistré des plaintes des excisées et aussi des filles mariées précocement ?

MR : Malheureusement non, pour la simple raison que les gens ne connaissent pas la loi. Ils ne savent pas qu’il existe des textes qui répriment ces formes de pratiques. Quand nous sensibilisons, nous vulgarisons les textes de loi que cela soit au niveau national ou international.

RJDH : Vous n’avez pas reçu des plaintes mais sur quoi vous-vous basez pour lancer cette lutte contre ces violences ?

MR : Justement, c’est parce que les gens ne connaissent pas la loi. Nous voulons d’abord les sensibiliser pour qu’ils sachent que ces pratiques ont des effets néfastes et pour qu’ils connaissent ces textes qui existent.

RJDH : Madame la présidente, dans quelle partie du pays l’excision et le mariage précoces sont beaucoup plus pratiqués ?

MR : L’excision et le mariage précoce sont beaucoup plus pratiqués surtout dans le milieu musulman dans la région de Bamingui-Bangoran qui a un taux de 77%,  la Ouaka avec 73%, la Nana-Gribizi et la Kémo avec 61%, la Basse-Kotto, la Haute-Koto avec 67%.

Donc, nous-nous efforçons pour que cesse ces pratiques qui ont des répercussions surtout sur  la santé de reproduction.

RJDH : Marguerite Ramadan, présidente de CIAF- Centrafrique merci !

MR : Merci madame la journaliste, merci pour votre son soutien à cette lutte.

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