Centrafrique : Bambari et Kaga-Bandoro hostiles aux travailleurs humanitaires

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BANGUI, 5 Juin 2018 (RJDH)—Depuis deux mois, les activités des humanitaires sont fortement handicapées par les violences perpétrées au centre du pays, notamment à Bambari et à Kaga-Bandoro. Ces zones se montrent de plus en plus hostiles aux travailleurs humanitaires.

Pillages, braquages et menaces sont le lot quotidien des travailleurs humanitaires dans les villes de Bambari et de Kaga-Bandoro. Les personnes vulnérables deviennent de plus en plus vulnérables suite à la suspension temporaire des activités des humanitaires et l’évacuation du personnel vers les zones moins hostiles.

En Avril dernier, on a dénombré pour la ville de Bambari 182.400 déplacés et 25.725 à Kaga-Bandoro. Selon la coordination des affaires humanitaires, pour la ville de Bambari seule, neuf (9) organisations humanitaires ont été pillées juste au cours du mois de mai 2018 alors que la situation demeure très précaire. A Kaga-Bandoro, au moins trois cas de braquage ont été rapportés dont deux sur les véhicules et un autre sur un personnel humanitaire. Cependant, les populations civiles sont les principales victimes des conflits et de la violence qui s’exercent dans le pays.

Malgré de multiples campagnes visant à faire comprendre aux groupes armés que la population civile n’est pas la cible,  sur le terrain, on assiste à des faits contraires. En plus des populations ciblées, la RCA est également un pays à haut risque pour les travailleurs humanitaires. Au 1er trimestre 2018, 3 travailleurs humanitaires ont été tués alors qu’ils se rendaient au nord-ouest du pays en appui au secteur de l’Éducation.

Selon une note de la coordination des affaires humanitaires, 15 organisations humanitaires ont ainsi dû temporairement suspendre leurs activités dont 10 ont dû relocaliser temporairement des membres de leur personnel.  63 incidents affectant directement les personnels et biens humanitaires ont été enregistrés entre janvier et mars 2018.

Si les acteurs humanitaires sont affectés, alors que dire des populations civiles vulnérables dont la vulnérabilité va s’accroître avec les problèmes humanitaires qui en résulteront?  Attaquer, tuer, empêcher un humanitaire, c’est tuer deux fois une personne vulnérable.

En avril 2018, le nombre de personnes déplacées se chiffre presque à 670 000 âmes et le nombre des réfugiés est également resté important, 582 000. Jusqu’à ce jour, plus d’1,2 millions de Centrafricains ont besoin d’une assistance humanitaire alors que la situation humanitaire se détériore suite à la dégradation de la sécurité.

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L'auteur

Fridolin Ngoulou est journaliste de formation et Rédacteur en Chef du RJDH. Il est ressortissant du département des sciences de l'information et de la communication de l'Université de Bangui, où il a obtenu sa licence, première promotion en 2012. Au RJDH, il a travaillé de 2014 à 2017 comme Journaliste Reporter, Webmaster et spécialiste des médias sociaux avant d'être nommé Rédacteur en Chef le 18 Janvier 2018. Il est membre de plusieurs organisations professionnelles des médias.

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