Centrafrique : Bambari accueille des centaines de déplacés en provenance de Ndassima, Ippy et Bakala

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BAMBARI, 14 décembre 2017 (RJDH)—Depuis dimanche dernier, les déplacés de Ndassima à environ 60 Km, ceux de Ippy à 111 Km ainsi que ceux de Bakala ville située à 65 Km arrivent par vague à Bambari, fuyant les violences qui se sont éclatées dans ces régions. Les acteurs humanitaires s’organisent pour leur prise en charge.

Ils sont très nombreux, ceux-là qui arrivent à pieds ou à bord des motos à Bambari. Les combats entre les factions Séléka contre les Anti-Balaka sont à l’origine de ces déplacements massifs vers Bambari, ville jugée stable avec la présence des casques bleus de la Minusca et des forces nationales de la police et de la gendarmerie ainsi que la présence des humanitaires dans la ville.

Le RJDH a recueilli les témoignages de ces déplacés qui arrivent au village Makangue à 16 Km de Bambari. Une déplacée explique les faits. « Je suis à Grelendji vers Ndassima, je suis veuve et se sont mes enfants qui s’occupent de moi, je n’ai pas de force, j’ai faim je ne sais pas si les gens vont s’occuper de moi ici. J’ai passé trois jours en route pour arriver à Bambari, je souffre au pied. Tout ça c’est Gaétan qui nous a emmenés ce problème », a expliqué cette dame de 3e âge, visiblement épuisée.

Un autre déplacé père de famille revient aussi sur les faits qui les ont  poussé à fuir vers Bambari, « Je viens de Ndassima, nous avons passé des moments difficiles. Mon enfant même est resté à l’hôpital. Les peuls ont ouvert le feu sur les Anti-Balaka, on ne peut pas supporter car il y’a beaucoup de morts. On ne sait pas pourquoi mais les gens disent qu’ils vengent la mort de leur allié général Gaétan, chef des Anti-Balaka qui serait tué par ses éléments mécontent de son alliance avec les Séléka», a dit Grégoire.

Béatrice, une mère de 6 ans, lance un SOS au gouvernement et aux humanitaires de voler rapidement à leur secours. « Nous avons perdu tous nos greniers et nous avons abandonnés nos champs pour être là. Rien comme nourriture et les soins, si les humanitaires peuvent réagir vite pour nous sauver», lance-t-elle.

Karl, ce jeune très en colère se livre aussi au RJDH, « Nous sommes à Ndassima 2, là où Aurafrique  travaillait. A Ndassima, il y’a combat entre les hommes armés. Nous sommes obligés de fuir. Les rebelles tirent sur tout le monde, femmes, enfants, hommes. Notre pays peut nous appuyer car, là nous venons nouvellement sans rien, même pas de logement, des ustensiles de cuisine, rien, rien », a-t-il témoigné.

Ceux qui ont trouvé des parents au village Makangue, cherche à construire des huttes en attendant la réaction des acteurs humanitaires.  « Mon frère qui est ici nous a donné des espaces pour nous construire des abris. C’est ce que nous sommes en train de faire en attendant l’aide du gouvernement », a relevé Karl.

Difficile pour le moment d’entrée en contact avec les présumés auteurs de ces violences. Aucun groupe armé n’a confirmé sa présence dans la région. Les cas des déplacés de Ndassima est similaire à ceux de Ippy et Bakala qui continuent à arriver dans la ville de Bambari.

Pour le moment, ces déplacés vivent pour la plupart dans les familles d’accueils et certains sur les sites des déplacés. Une réunion des humanitaires est prévue cet après-midi pour organiser le processus de prise en charge de ces nouveaux déplacés.

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L'auteur

Fridolin Ngoulou est journaliste de formation et Rédacteur en Chef du RJDH. Il est ressortissant du département des sciences de l'information et de la communication de l'Université de Bangui, où il a obtenu sa licence, première promotion en 2012. Au RJDH, il a travaillé de 2014 à 2017 comme Journaliste Reporter, Webmaster et spécialiste des médias sociaux avant d'être nommé Rédacteur en Chef le 18 Janvier 2018. Il est membre de plusieurs organisations professionnelles des médias.

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