Centrafrique : « Le BAC ne s’achète pas mais ça se mérite », selon Jean Kokidé, SG de l’Université de Bangui

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BANGUI,  20 Juillet 2017(RJDH)—Suite à la publication des résultats du Baccalauréat session de Juin 2017, des manifestations de grogne ont été observées parmi les candidats malheureux. Jean Kokité, Secrétaire Général de l’Université de Bangui, membre de la supervision lance un appel à ces candidats et soutient que le baccalauréat ne s’achète pas mais il se mérite. C’est ce qui ressort d’une interview au RJDH ce 20 juillet 2017 à Bangui.

RJDH : Jean Kokidé bonjour !

JK : Bonjour monsieur le Journaliste !

RJDH : Les résultats du premier tour de baccalauréat 2017 sont déjà connus. Alors sur quelle note ces résultats sont-ils appréciés en Centrafrique ?

JK : Bien, vous savez, le baccalauréat, c’est le premier diplôme universitaire. Alors, pour l’organisation du BAC, l’Université de Bangui fait partie de la supervision pour prendre part activement à la phase de correction, des saisies des notes pour en finir à la proclamation. Pour le Bac 2017, cela donne au total  16.180 inscrits et sur ces chiffres, le nombre d’admis était de 489 soit 3,02%. Les admissibles étaient au nombre de 1.636, soit 10,11% et au total 14.055 échoués. Cela représente 86,87% et se sont des chiffres brutes fournis par le service de l’informatique avant la délibération.

Et bien, à la délibération en présence du Premier Ministre, du Ministre de l’Education nationale et de la partie du corps universitaire y compris les présidents des centres après débat, nous avons fixé la barre de rachat et la barre d’admissibilité. Et l’Université avait donné des préalables à la Direction des Examens et Concours pour mettre à sa disposition, tous les tableaux de centre afin de vérifier les résultats de tous les candidats.

RJDH : Vous avez parlé des barres, des admissibles et des rachats, est ce que cela est fixé à partir de quelle note ?

JK : Bien, il faut rester dans le texte du Baccalauréat qui fixe l’admission à la moyenne de 10. Si le jury constate que le candidat a fait des efforts par exemple, il a une moyenne de 9,99/20, parfois 9,75/20, à partir de là, le jury peut l’admettre. En dessous jusqu’à 8/20 c’est la barre des admissibles.

RJDH : Vous venez de présenter les résultats d’admissibilité qui sont brutes soit 489 admis et les résultats définitifs rendus publics avant-hier nous donnent un effectif de 929 admis. Qu’est ce qui explique ce décalage ?

JK : Oui, après correction nous avons décelée que nous ne sommes pas encore en possession des résultats définitifs. Ces chiffres que vous évoquez ne reflètent pas plus de 900. Pour la série générale, c’est-à-dire  A4, A4’,  B, C, et D, ils étaient au total 14.503 candidats. Donc tous le travail que nous avons fait pour corriger ces coquilles ne pourra déplacer difficilement 600 ou 900.

RJDH : Dans les perspectives, est ce que l’Université de Bangui ne peut pas solliciter l’installation du service informatique de la Direction des Examens et Concours au sein de l’Université pour mieux contrôler les différents examens?

JK : Vous savez, le travail qui est en train de se faire ne peut pas dépasser l’Université de Bangui. L’Université enseigne l’informatique, les informaticiens se trouvent à l’Université. Alors pour ce genre de travail, on ne peut pas recruter une seule personne pour pouvoir gérer tous les fichiers. Mais nous sommes en train de voir après les examens, et nous allons convoquer une réunion pour pouvoir réfléchir sur l’orientation du Baccalauréat. Nous souhaiterions que prochainement, les tableaux de notes soient affichés dans les différents centres d’examens. Et comme ça chaque candidat peut aller voir matière par matière ses notes, et de ce fait, il sera convaincu de ses efforts. Et comme vous le savez, le baccalauréat est le 1er diplôme universitaire. Ça ne s’achète pas, ça doit se mériter.  Il faut qu’on évite de faire de mercantilisme au tour de Bac. Il faut que les parents utilisent l’argent pour enfin acheter des documents aux enfants, car il n’y a pas de mystère dans l’éducation.

RJDH : Monsieur Jean Kokidé merci !

JK : A-moi de vous remercier !

Propos recueillis par Fridolin Ngoulou et Judicaël Yongo.

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L'auteur

Judicaël Yongo est ressortissant du Département des Sciences de l’Information et de la Communication (DSIC) à l’Université de Bangui. Titulaire d’une Licence en Journalisme, il est actuellement Journaliste-Reporter au Réseau des Journalistes pour les Droits l’Homme à Bangui (RJDH).

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