Centrafrique : Au moins 550.000 personnes en insécurité alimentaire selon la FAO

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BANGUI, 19 Octobre 2018 (RJDH)—Jean Alexandre Scaglia, Représentant de la FAO en Centrafrique, a annoncé que 550.000 personnes en Centrafrique sont en phase d’urgence au niveau de l’insécurité alimentaire. Déclaration faite hier lors d’une conférence de presse en commémoration de la Journée Mondiale de l’Alimentation.  

« Agir pour l’avenir. La faim zéro en 2030 c’est possible », tel est le thème de la Journée Mondiale de l’Alimentation (JMA 2018). Le choix de ce thème ressort au cœur du mandat de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture depuis qu’en 1945 que les fondateurs de l’Organisation entreprirent de mettre le monde ’’ à l’abri du besoin ’’.

L’insécurité alimentaire (IPC) conduite en Septembre 2018 semblerait indiquée que 13% de la population analysée, soit 550.000 personnes, se trouvent en IPC phase 4 (Urgence) et 31%, soit plus de 1.350.000 personnes, se trouvent en IPC phase 3 (Crise), représentant au total plus de 40% de la population analysée. La mise à jour montre que 4 préfectures et 3 concentrations sont en IPC phase 4 (Urgence), tandis que 10 préfectures, 6 concentrations et 6 arrondissements de Bangui sont en IPC phase 3 (Crise). La population nécessitant une action urgente pour protéger les moyens d’existence, prévenir la malnutrition et le décès est estimé à 1,9 millions.   

Le Représentant de la FAO pense pour sa part que le Centrafrique à toutes les ressources naturelles pour y arriver à la faim zéro en 2030, s’il y’a la volonté politique claire. « En Centrafrique, c’est tout à fait possible, je le dis, le pays a beaucoup de ressources et de potentielles donc il n’y a pas de raison technique particulière. On n’est pas dans un désert, on n’est pas dans un pays où il n’y a pas d’eau, loin de là, on n’est pas dans un pays surpeuplé… Le potentiel de production est là et je pense qu’avec une volonté politique claire, une volonté de développement économique y compris dans le cercle de l’entreprenariat, de l’agro- entreprenariat chez les jeunes dans un pays très jeune, on peut arriver avec l’appui nécessaire de la communauté internationale », a déclaré Jean-Alexandre Scaglia.              

Le document du cadre intégré de la classification de la sécurité alimentaire, montre qu’en République Centrafricaine, les populations en insécurité alimentaire aigüe se trouveraient principalement dans les concentrations de Batangafo, Kaga-Bandoro, la zone de Rafai et les préfectures d’Ouham-pendé, Nana-Gribizi, Ouaka et Haut-Mbomou.

« Ces zones correspondent à celles où le plus grand nombre de personnes déplacées Internes (PDI) vivant dans les sites (40 %) ou en famille d’accueil (60%) ainsi que les ménages hôtes. Dans certaines préfectures, les populations déplacées représentent une proportion importante de l’ensemble de la population : Haute-Kotto (85%), Haut –Mbomou (45%), Nana-Gribizi (32%) et Ouaka (30%). De mêmes, les populations rurales dans les zones moins affectées par le conflit nécessitent de l’assistance pour la protection et la relance de leurs moyens d’existence ».

 Au vu de tout cela, il faut noter aussi que c’est l’aspect sécuritaire qui a encouragé l’insécurité alimentaire dans le pays. A cela s’ajoute la dégradation des axes routiers et aux taxes illicites créant multiples barrières sur les voies d’accès aux marchés des villes du pays sont les tendances générales à la hausse des prix sur les marchés des localités suivies.

Aujourd’hui en RCA, 1,9 millions de personnes (43% de la population) en situation de l’insécurité alimentaire aigüe sont dans les besoins en assistance.

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