Centrafrique : « Le 8 mars est une journée de réflexion qui nous permet de démontrer que la femme a sa place », selon OXFAM

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BANGUI, 8 mars 2017, (RJDH)–Dans un entretien avec RJDH, la Manager de Protection-Genre à l’OXFAM, Erlande Fanord, a rappelé que les centrafricaine doivent démontrer au monde qu’elles ont leurs places dans la société. Elle a aussi présenté les données et les actions que son organisation va entreprendre pour le respect des Droits de la femme en Centrafrique. Les femmes constituent près de 50,3% de la population Centrafricaine, 51% des femmes sont affectées par la crise et vivent dans le besoin d’une assistance humanitaire. En milieu rural, 81% de femmes contre 69% d’hommes sont affectés par la pauvreté.

RJDH : Mme Erlande Fanord, bonjour !

Erlande Fanord : bonjour

RJDH : Vous êtes Manager protection-genre à OXFAM Centrafrique. La RCA à l’instar des autres pays du monde célèbre ce jour, la journée internationale des droits de la Femme, que vous inspire cette journée ?

EF : Merci, cette journée nous rappelle au niveau de Oxfam que nous devons sensibiliser les centrafricaines, discuter avec elles pour leur dire que cette journée est une occasion de débat, de réflexion sur la situation des femmes en Centrafrique.

RJDH : « autonomisation de la femme pour le relèvement économique de la Centrafrique » est le thème national. Comment expliquez-vous ce thème si on sait que la femme centrafricaine est loin de la réalité ?

EF : Au niveau d’Oxfam, nous sommes en train de travailler à l’autonomisation des femmes. En Centrafrique, nous savons pertinemment qu’avec la crise récente, les femmes sont très négligées, elles n’ont pas la capacité de répondre à leur propre besoin et sont exposées aux violences. Donc cette journée encore une fois nous interpelle à démontrer à la société centrafricaine que la femme a une place dans le relèvement que nous prônons. Alors, cette journée est l’idéale pour nous au niveau d’Oxfam, accompagnée des structures communautaires avec lesquelles nous travaillons, de demander aux femmes de continuer la lutte pour le respect de leurs Droits.

RJDH : Depuis la récente crise, les femmes subissent les violences et notamment les viols sexuels. Quelles données disposez-vous?

EF : Oxfam est présente dans trois zones. Nous travaillons dans l’Ouham, l’Ouham-pende, dans la Haute Kotto et à Bangui. Nous avons supporté la mise en place des comités de protection, qui accueillent et sensibilisent les personnes victimes de violences. Ce qui nous a permis à avoir des chiffres sur nos zones de travail, plus de 25% (NDLR : En 2016, 11 110 cas de violences basées sur le genre ont été recensés, dont 2313 cas de violence sexuelle)  des personnes majoritairement des femmes qui sont victimes des viols sexuels liés aux pratiques culturelles, ont été accueillies par les comités de protection que nous avons mis en place.

RJDH : Que faites-vous pour que les Droits de ces femmes soient respectés en Centrafrique ?

EF : Nous travaillons directement avec les organisations des femmes, nous travaillons aussi avec les structures de protection communautaires, nous faisons la promotion de la participation des femmes dans les structures et nous encourageons aussi que les femmes occupent des postes de responsabilité dans la société. Au niveau d’Oxfam, notre mission est de mettre les femmes  au cœur de tout ce que nous réalisons dans nos zones d’intervention. Il y’a une loi de parité qui a été votée, nous allons tout faire pour que cela soit respectée.

RJDH : Nous constatons que les femmes déplacées regagnent leurs quartiers d’origines mais elles se sont confrontées à des problèmes divers entre autre, l’accès à l’eau potable. Oxfam a-t-elle mise en place un programme pour soulager ces femmes retournées ?

EF : Actuellement, nous avons soumis des projets surtout pour Bangui, et nous sommes entrain d’attendre le financement pour réaliser les activités. Nous sommes conscients de la situation des femmes et nous contribuons aussi à l’amélioration de leurs conditions de vie.

RJDH : Mme Erlande Fanord, je vous remercie

EF : c’est à moi de vous remercier.

Propos recueillis par Nina verdiane Niabodé.

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